Rime-ailleurs

24 mars 2010

L'Amour, de nos jours...

Je t’aime, Ô mon Amour, je t’aimerai toujours!
Toi seul es le soleil qui éclaire ma vie
Et je sens mon envie pour toujours assouvie…
Que seraient donc mes jours sans tes yeux de velours?

Tu m’offres des week-ends au Novotel de Tours,
Les coffrets-DVD de « Madame est servie »
Les produits dérivés de « Plus bête la vie »
Et des festins de Rois au MacDo de Nemours !

Nous aurons tout pour nous : le confort électrique,
Un camping-car, un chien, la télé numérique
Un Ipod, une Wii fit, des meubles de chez « But »…

Mais quoi ? Pourquoi ris-tu ? Je suis matérialiste ?
Je n’ai pas le talent de certain sonnettiste...

Je ne suis pas poète ? Et alors ? Tant pis! Zut !

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SOUVENIR D'ENFANCE

Jardin du Luxembourg. Dimanche après-midi.
Sous les yeux indulgents de ma chère grand-mère
Je gavais les pigeons , les moineaux , les colverts
Et lançais des cailloux sur leurs becs ahuris.

Puis lassée de brimer ces pauvres palmipèdes
Qui n’espérant plus rien, prenait loin leur envol
Je profitais du parc – spectacle de Guignol-
Dévalais les allées sur mon vélocipède.

Un regard enjôleur, une voix très nunuche
Le tour était joué : « Oh, Mamie adorée,
Offre-moi s’il-te plait, une gaufre sucrée,
Une barbe à papa, un ballon de baudruche ! »

Cela dura le temps que dura mon enfance
Après-midi passées à jouer à la marelle
A regarder les gens assis sous la tonnelle
A salir mes souliers en toute insouciance.

Trente ans se sont passés, je n’ai plus ma grand-mère
Et j’y suis retournée , escortée de ma fille,
Et l’émotion fut grande en franchissant la grille
Ce parc, me semblait-il, je l’avais vu hier !

Aujourd’hui, le Guignol est toujours à sa place
Ce sont d’autres canards qui réclament du pain
Ce sont d’autres enfants qui jouent dans le jardin
Mais tout est resté pareil , le kiosque est toujours là
Tout est resté pareil aux jardins du Sénat
Entre le Panthéon et la Tour Montparnasse

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Je ne sais pas parler d'amour

JE NE SAIS PAS PARLER D'AMOUR

Je voulais écrire un poème
Pour toi, mon chéri, mon Amour
Quelques vers pour dire « je t’ aime »
Quelques chansons de troubadour

Quelques strophes pour mandoline
A fredonner sous ta fenêtre
Quand la lune se fait câline
Et que l’aurore va paraître.

Je voulais écrire un poème
Pour exprimer mes sentiments
Pour mettre à nu tout mon moi-même
Et t’aimer intimement

Quelques fleurs pour ta boutonnière
Présents de la Saint-Valentin
Quelques larmes à tes paupières
Quelques jolis alexandrins

J’ai lu et relu des poèmes
De Louise Labé à Eluard
Ceux qui savent dire « Je t’aime »
Qui ont l’Amour pour étendard

D'Aragon et de Géraldy
Tous ceux que Cupidon inspire
Tout ceux qui d’amour sont pétris
Ceux qui aiment comme ils respirent.

Ma pudeur maladive , hélas,
De parler d’amour m’interdit
Je me tais et je m’efface
Et mon pauvre cœur se transit

Il faudra bien que je m’y fasse
Que je renonce à ces discours
Mes mots du cœur sont des grimaces
Je ne sais pas parler d’amour.

Posté par gabygaby39 à 13:14 - Commentaires [0]

Où alla mon lama?

Mon lama
De voyager
A des velléités.
Muni de sa tente Quechua
Et de sa Parka Lafuma,
(sans oublier son pyjama)
Le voici,
Le voilà,
Sur les routes deci, delà !

Il alla à la bab'allah
A la rame –Allah !-
De Ramallah à Marsala
Du Mali à Lima.
de Hiro à Shima.

Il fit la bamboula à Djakarta
Chanta la Traviata à la Scala
Pêcha le piranha à Tirana
Fut à bout d’habit à Addis-Abeba
Fit le Sabbat au Walhalla
Traversa l’Atakama
Perdit ses pas dans la pampa
Et fit la Java…à Java ! (justement)

Mais constatant que même au Machu Pichu
La terre entière , ce n’est pas l’Pérou,
Mon lama dépité fit la moue
Et rentra , laminé, élimé, à Lima.
C’est là qu’il croisa un dromadaire
Qui lui aussi faisait le tour de la Terre
A cheval sur un cheval.
(« quelle idée pour un camélidé
De chevaucher un équidé ! » se dit notre animal.)

Leurs aventures se racontèrent
Et quand un lama rencontre un dromadaire,
Qu’est-ce qu'ils blatèrent ?
Des histoires du désert !

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Félins pour l'autre

Quand il se love en rond sur le divan,
Je ronronne de féline paresse;
Il me fixe de ses grands yeux persans
Et moi, je cède à ses caresses.

Quand il se frotte au soir à mes mollets,
C'est qu'il a faim. Sa gamelle l'attend.
(Foin de Whiskas! Mon chat est un gourmet.)
Je bouffe sa terrine et lui mes ortolans.

Quand il me nargue avec un fil de laine,
Je rampe, il saute, il se tapit, je fais des bonds,
Avant lui, je m'arrête, hors d'haleine

Puis il s'écroule heureux sur l'édredon.
Dans sa corbeille, alors, moi, je me vautre.
Mon chat et moi, on est félins pour l'autre...

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Manque d'inspiration

Je ne sais pas ce qu'il m'arrive:
Je ne sais plus poétiser.
Mes neurones à la dérive
Refusent de se torturer.

J'étais du genre "créative"
Vous me proposiez un sujet:
Il n'y avait pas d'alternative.
Je vous pondais vite un sonnet!

Las! Je n'ai plus que le lexique
Navrant, banal, peu recherché
De quelque lofteur dyslexique

Cédant à la facilité.
Lecteurs, oubliez ce message...
Visitez donc une autre page!

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20 mars 2010

Tsunami

Assis sur mon banc, je regardais le temps passer depuis une éternité vieille comme Mathusalem. J’avais choisi comme port d’attache les eaux bleue turquoise de la Mer Rouge et je me sentais - c’est le cas de le dire - comme un poisson dans l’eau. Je me tenais tranquille, ne demandais rien à personne, ne faisais pas la moindre vague même les années de vases maigres où je n’avais plus que les écailles sur les arêtes.

Et puis, tout à coup, j’entendis un murmure qui s’amplifia, puis ce fut un bourdonnement de plus en plus intense, un gargouillement odieux, un roulement de tambour, un vrombissement dantesque….Tout s’agita autour de moi, les étoiles de mer et les pieuvres (par neuf) ne savaient plus où se cramponner, les oursins roulaient comme des boules de pétanque, les hippocampes montaient sur leurs grands chevaux . Je tombai nageoires par dessus tête de mon banc, et ce fut la panique générale : mes congénères furent entraînés par le courant vif, les turbots démarrèrent au plus vite, les limandes s’aplatirent sur les soles, les rascasses se cassèrent, les harengs saurs s’en sortirent, mais ,de justesse, uniquement parce qu’ils avaient mordu à l’hameçon que quelques perches du Nil (qui avaient décidé de passer leurs vacances en Mer Rouge) avaient tendu là….

Puis comme par enchantement tout redevint calme et les flots reprirent leur cours normal.

Ce ne fut que dans les journaux du lendemain que l’on apprit qu’un dénommé Moïse, entrainant dans sa suite une bande d’Illuminés, était responsable de cette catastrophe écologique.

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Mais j'l'aime quand même...mon homme!

M'sieurs-Dames, j'suis pas Fréhel mais  j'vais vous chanter une chanson réaliste...

Il est maigre comme un phasme
Grêle comme un ectoplasme
Il est vicieux comme un cercle
Etouffant comme un couvercle
Indiscret comme un speculum
Mais j’l’aime, quand même…
Mon homme !

Il est menteur comme un ministre
Il est percuté comme un sistre
Injuste comme la nature
Tolérant comme la censure
Il a l’intelligence des géraniums
Mais j’l’aime, quand même…
Mon homme !

Il est lâche comme un vieux ressort
Discret comme un héliport
Divertissant comme la Beauce
Accueillant comme un blockhaus
Il est gluant comme du chewing-gum
Mais j’l’aime, quand même…
Mon homme !

Il est gourmand comme un ténia
Hilarant comme la charia
Magnanime comme le cancer
Honnête comme un plagiaire
Propre comme un pissodrome
Mais j’l’aime, quand même…
Mon homme !

Posté par gabygaby39 à 14:36 - Commentaires [0]

Les femmes ont les hommes qu'elles méritent

De : josette.ducont@greluche.net
A : gigi-bonnecopine@confidence.com

Slt Ginette !

C’est encore moi. Il est 23 h et mon Jojo, il est pas encore rentrer. Il a du avoir plus de boulot que prévu ou bien doit y avoir des bouchons sur la route. Alors, j’en profite pour t’écrire.

J’ai bien réfléchis à keske tu ma dit cet aprèm. Tu sais, je crois que les hommes, il faut les comprendre.

C'est vrai que mon Jojo, il laisse tout trainer dans la maison : ses mégots, ses caleçons de la veille, ses Marcel qui puent la transpiration (mais c’est un bosseur, mon Jojo, alors faut pas lui en vouloir ), … Mais c’est pas grave : après tout, c’est que du matériel. Alors, si tu t’arretes à sa !…

C'est vrai que mon Jojo, il passe tous ses dimanches aprèmidi à regarder les grands prix de Formule 1 à la télé et tous les soirs à regarder Beauf-sport. Keske tu veux, c’est sa passion. Je vais pas l’en priver.Il a droit à ses loisirs. Et puis faut bien rentabiliser l’abonnement à Canalzut et puis, il a bien droit de voir ses copains. Bon, d’accord, c’est pas toujours ragoûtant de ramasser les canettes de bière et les restes de pizzas sur le canapé. Mais bon, maintenant, y a de bons produits pour enlever les taches sur le tissu. Et puis, j’vais te dire : pendant qu’y regarde la télé, moi, je suis pas embêtée : je peux faire mon repassage tranquillement, dans la buanderie au fond du garage.

T’es choquée parce que mon Jojo, parfois, y me parle mal. Alors, là, t’inquiètes pas. Quand il m’appelle « ma chienne » ou «ma p'tit' pétasse » devant les invités, c’est pas qu’il me traite. Je sais que ça déchire grave mais c’est pas à prendre au premier degré. C’est juste pour s’amuser. Pour voir ma réaction. Et moi, comme je sais qu’il est tendre, mon Jojo, je lui souris tendrement. Paske je le kiffe trop grave. Tu sais, il a le langage que son vieux lui a appris...il a connu la misère, quand il était minot. Il est pas sorti de la cuisine à Jupiter: il a grandi à Sarcelles.

Je t’ai dit que quand il avait un peu bu, il devenait violent. J’ai exagérer. Le mois dernier, il ne ma frappée que quatre fois. Mais faut le comprendre. D’abord, le PSG s’est fait laminer en coupe de la ligue. Alors, quand tu touches à son club de foot préféré, à mon Jojo, tu peux plus le raisonner. Il est né à Paris-Saint-Germain alors depuis tout petit, il est plongé dedans. Et puis, faut dire que j’ai mal joué : c’est juste au moment où le PSG encaissait son cinquième but, que j’ai demandé à Jojo pourquoi y avait des capotes dans la poche de son falzar. Moi, je trouvais ça bizarre pour un homme marié. Parce que je peux lui faire confiance à mon Jojo : il est fidèle. Soit il ronfle, soit il regarde la télé, soit il bosse. Tiens, il est minuit, il a du avoir beaucoup de boulot.

Et puis, parfois, il a la main un peu lourde, c’es vrai. Mais c’est à cause de son éducation. Son paternel, il était un alcoolique invertébré. Il le frappait à coups de ceinture de cuir pour un oui ou pour un non. Mon Jojo, il avait tout le temps les pieds de Damoclès au-dessus de sa tête. Sa mère avait droit au même traitement. Alors, faut l’escuser : il a pas eu une enfance facile. Le psyquotruc m’a dit qu’il faisait un « transfert ». Je sais pas très bien ce ke sa veut dire mais c’est sa. Alors, quand il me fout une trempe, je pense à l’enfance qu’il a du avoir et je lui pardonne. Alors, il s’escuse. Ca m’attendrit, je lui fait une petite gâterie ( hein, Ginette, j’vais pas te faire un dessin !), et il s’endort comme un enfant. Sans me dire merci, sans le moindre petit bisou, mais je sais qu’au fond de lui, il m’aime vachement et qu’il n’ose pas me le dire. Il est pudique, mon Jojo. Et c’est comme ça ke j’l’aime.

Il est minuit et demie ; Jojo est toujours pas rentré. De toutes façons, il peut pas m’appeler ni m’envoyer de sms pask’il m’a dit qu’il avait plus de forfait. Je ne sais pas comment il fait, mais dès que je recharge son portable et qu’il retourne au boulot, il a épuisé le forfait. Impossible pour lui de me contacter. Je vais me coucher. Je me relèverai quand il rentrera pour lui faire réchauffer son cassoulet. Mon Jojo, il dit qu’il sait pas se servir du micro-ondes.

Bon , ma Ginette, tu vois, les mecs, il suffit de les comprendre. Ce sont des êtres humains comme les autres : il faut savoir leur pardonner leurs défauts. Ne le prends pas mal mais si tu faisais comme moi, tu n’aurais aucun mal à te caser.

Je te fais tout plein de kiss, prends soin de toi!

Josette.

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La fin du coq

Sur son fumier perché, depuis le point du jour
Maître Gallinacée à la queue chatoyante
A la crête dressée, bravache et arrogante
D’un œil vif et altier supervise sa Cour.

Il a nom Chantecler et défie tout péril
Au signal de son chant,l’Astre du jour se lève
C’est un coq à temps plein qui ne fait jamais grève.
Que Pinte se rassure : il fait fuir le goupil !

Tout va bien : aux années succèdent les années !
Jusqu’au jour où il voit s’approcher le fermier.
Celui-ci le soupèse, et le palpe et le hume

Le Monarque Absolu sent venir son déclin !
Il pressent sa grandeur macérer dans le vin
Et il doit dire adieu à son royal costume !

Posté par gabygaby39 à 14:33 - Commentaires [0]